« Il ne faut pas trop penser à la manière dont la scène devrait être capturée – il faut juste se concentrer sur ce qu’on ressent. »
CAPTURER L’ÉMOTION : TRANSFORMER DES PAYSAGES EN RÉCITS PERSONNELS
La photographie de paysage peut paraître intimidante. Ce n’est pas toujours évident de capturer un espace grand et ancien, mais pour le photographe vancouvérois Matt Solie (connu sur Internet sous le nom Ayitsphotography), c’est cet inconfort qui rend chaque cliché unique.
« Les photos de voyage et de paysage sont inspirées par les émotions, explique-t-il. Que la scène paraisse grande, petite, colorée ou sereine, c’est ça qu’il faut capturer. C’est comme ça qu’on obtient une photo unique, dans son propre style, que personne d’autre n’aurait pu prendre. »
REMETTRE LA GRANDEUR EN PERSPECTIVE
C’est souvent difficile de faire ressortir la taille réelle d’un endroit sur une image en deux dimensions. Pour y arriver, Matt utilise des objectifs grand angle et se sert de détails à l’avant-plan afin de créer un effet de profondeur.
« Les objectifs grand angle offrent une perspective qui correspond vraiment à ce que l’œil voit. En plaçant des éléments d’avant-plan, comme des fleurs ou de l’herbe, très proches de l’objectif, on accentue le contraste avec la gigantesque montagne au loin. C’est ça qui donne l’impression d’être réellement sur place. »

ANCRER LE CIEL NOCTURNE
Cette réflexion sur les grandeurs s’applique aussi à l’astrophotographie. Le ciel nocturne ayant toujours fasciné l’humanité, c’est extrêmement satisfaisant que de parvenir à saisir toute sa grandeur. Matt recommande d’utiliser des objectifs larges à longueur focale allant de 14 à 20 mm, mais surtout, il recommande de toujours faire ressortir l’immensité.
« Ancrez bien votre photo au sol, conseille-t-il. Assurez-vous qu’on puisse y voir un arbre, une personne ou une silhouette en avant-plan. C’est ce point de repère connu qui permet de réellement comprendre toute l’ampleur de la voûte étoilée. »

UNE TOILE À COLORIER
Pour Matt, un fichier RAW, c’est comme une toile vierge : un support neutre, qu’on peut retoucher au montage pour en accentuer le caractère émotionnel. Son principal outil narratif est la couleur, qu’il utilise en post-traitement pour refléter l’atmosphère du moment où la photo a été prise.
« C’est au montage qu’on peut modifier les couleurs et les contrastes selon l’émotion ressentie. Pour une scène ensoleillée et lumineuse, j’augmente la saturation et j’utilise des tons chauds et riches. Lorsque l’atmosphère est lente, lourde ou chargée émotivement, j’augmente le contraste, je diminue la luminosité, et je mise à fond sur les camaïeux de couleurs froides. »

TROUVER SA VOIX DANS L’INCONNU
Le principal conseil de Matt aux nouveaux artistes est d’éviter la pression de la perfection et de se concentrer sur le plaisir de l’essai. Plutôt que de s’empêtrer dans les règles techniques, il suggère de prendre son appareil et de prendre des photos, sans craindre l’échec.
« Ce n’est pas grave si vos premiers clichés ne vous semblent pas parfaits. Avec les appareils numériques, ça ne coûte rien d’essayer. Amusez-vous avec différentes longueurs focales, et efforcez-vous de capturer votre expérience à vous. C’est en multipliant les essais que vous trouverez votre propre style. »
