« L’argent et les voyages ne sont que des avantages secondaires. Faites-le pour l’amour de l’art et de la création. »
TROUVER SON OBJECTIF : LA FUSION DE L’ART ET DE L’ADRÉNALINE EN MONTAGNE
Pendant sa jeunesse à Vancouver, Isami Kiyooka trouvait son refuge et sa joie à deux endroits : dans les montagnes solitaires qu’il dévalait sur sa planche à neige et dans ses carnets qu’il noircissait de dessins. Des années durant, ces deux passions sont restées strictement séparées, jusqu’à ce qu’une session de planche à neige entre amis au mont Seymour les réunisse. Isami filmait avec le petit appareil photo Canon de sa mère lorsque le photographe du groupe l’a encouragé à essayer plutôt de prendre des photos. Il a mis l’appareil en mode photo, et les mondes de l’art et de la planche à neige se sont enfin rencontrés.
« Ça a été le déclic, se souvient-il. Une évidence. »


FAÇONNÉ PAR LES ÉPREUVES
Si la passion a été immédiate, la volonté d’en faire une carrière s’est formée par nécessité et par amour. Alors qu’Isami a 17 ans, sa mère, sa plus grande supportrice, reçoit un diagnostic de cancer. La famille se heurte à une implacable réalité financière. Du jour au lendemain, il n’est plus question qu’Isami fasse des études supérieures.
« Je me rappelle avoir fait une nuit blanche et m’être dit : « Je vais réussir dans ce secteur. Je vais me faire moi-même » », confie-t-il.
Adoptant une « mentalité d’athlète », Isami se lance corps et âme dans la photographie. Il fait des stages pour des magazines, travaille dans une boutique de planches à neige et puise dans ses racines japonaises pour proposer un point de vue unique dans le secteur. Il se rend en avion à des compétitions, dort à même le sol dans un dortoir d’Edmonton, seulement pour photographier l’équipe nationale.
Sa mère décède alors qu’il a 19 ans. Elle a toutefois vécu assez longtemps pour voir son fils réserver son premier voyage international, vers l’Europe.
« Elle a entraperçu la vie que je pourrais mener, explique Isami. Depuis, je ne fais que poursuivre mon rêve, pour moi, mais aussi pour ma mère. »
SAISIR LA BEAUTÉ DU SPORT
Aujourd’hui, Isami ne se contente pas de documenter le sport : il saisit sa dimension artistique. Son arme secrète, c’est qu’il est d’abord un surfeur des neiges. Ce point de vue d’initié lui permet de voir ce qui échappe la plupart du temps aux photographes sportifs généralistes.
« Beaucoup de photographes sportifs sont incroyablement talentueux, mais souvent, ils ne comprennent pas le sport », note Isami.
Il explique que les profanes saisissent souvent le « mauvais moment », en manquant le point culminant d’un saut ou en photographiant un glisseur lorsqu’il ne tient pas correctement sa planche. Grâce à sa compréhension de la mécanique du mouvement, Isami sait exactement quand la figure est la plus belle. Il saisit la « véritable essence » de l’athlète et veille à donner une image authentique du style et de la difficulté de sa figure.
Pour ce faire, Isami brave les éléments et va jusqu’à affronter des températures glaciales 14 heures par jour. Il a pleinement confiance en l’étanchéité de l’appareil photo EOS R5 et de l’objectif RF 28-70 mm F2 L USM de Canon, ce qui lui permet de les utiliser dans toutes les situations, des tempêtes de neige aux excursions en pleine nature.


LA SCÈNE INTERNATIONALE
Les efforts acharnés d’Isami ont porté leurs fruits. Un mélange de chance, de préparation et de réseautage l’a porté à un poste prestigieux au sein de l’équipe nationale de planche à neige des États-Unis. Aujourd’hui, il voyage partout dans le monde pour documenter ce sport à son apogée, un exploit qu’il considère comme le privilège d’une vie.
« Je photographie les héros de mon enfance, dit-il. Avoir la chance de connaître ses idoles personnellement est un immense privilège. »
LE CONSEIL : FAITES-LE PAR AMOUR
Quand il repense à cet adolescent de 16 ans avec son carnet de croquis et sa planche à neige, Isami souhaite donner un conseil clair à tous ceux qui se lancent dans l’aventure créative. L’essentiel est de trouver la bonne motivation.
« Faites-le pour la bonne raison. Faites-le par amour, pas pour l’argent, insiste-t-il. Je sais que je continuerais même si j’étais fauché, parce que je suis on ne peut plus épanoui. »
Pour Isami, les nuits glaciales, le décalage horaire et les longues heures de travail sont vite éclipsés par la sensation que procure un cliché parfait.
« L’argent et les voyages ne sont que des avantages secondaires. Faites-le pour l’amour de l’art et de la création. »